
Grenade est sous la domination maure après 731 mais commence seulement à prendre de l’importance au XIème siècle, avec le déclin de Cordoue. Après des siècles d’anonymat, la ville se transforme en un royaume de splendeur, de richesses et de poésie sous la dynastie des Almoravides, des Almohades puis, à partir de 1239, des Nazarides. L’épanouissement intellectuel, la tolérance religieuse et le développement des arts et des sciences attirent les penseurs d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Les magnifiques bâtiments de l’Alhambra se sont dressés progressivement, culminant avec les palais magiques des Nazarides.
Mais, en janvier 1492, après 8 siècles de domination musulmane et un siège de 6 mois, Ferdinand et Isabelle entrent victorieux dans la ville. C’est l’ère de la reconquête chrétienne.
On dit qu’après avoir remis les clés de la ville aux Rois Catholiques, Boabdil, alors sur le chemin de l’exil avec sa mère, se retourna vers les lieux qu’il avait tant aimés et versa une larme. Le col El Suspiro del Moro (le soupir du Maure) en marque le souvenir légendaire. Cela devait marquer la fin de la domination maure en Andalousie, bien que ce ne soit qu’avec l’expulsion des Morisques (maures convertis au catholicisme) en 1570 que Grenade perd définitivement ses vrais créateurs.
Mais Grenade continue de s’épanouir au cours de la Renaissance : les monuments datant de cette époque incluent l’imposante cathédrale, le monastère San Jerónimo, et l’Hospital Real. Au XVIIIème siècle, le monastère de la Cartuja est construit et la ville voit naître de grands artistes comme Alonso Cano (1601-1667) et Pedro Mena (1628-1688). Plus tard, Grenade subjuguera le peintre français Eugène Delacroix (1798-1863) et des musiciens comme le compositeur Manuel de Falla (1876-1946) ou le guitariste Andrés Segovia (1893-1987). Le plus grand auteur grenadin est sans conteste le poète Federico García Lorca (1899-1936), abattu par les troupes franquistes pendant la guerre civile. Aujourd’hui, Grenade est une ville sophistiquée, animée, fière de son passé sans en être prisonnière.
Source [ National Géographic ]
